Cyclisme- Armstrong Lance ArmstrongL’annulation pour dopage de tous les résultats de Lance Armstrong depuis août 1998, y compris ses sept victoires dans le Tour de France, pourrait coûter cher à l’Américain, dont la fortune est évaluée à une centaine de millions d’euros.

Après le verdict de l’Union cycliste internationale (UCI) lundi, le patron du Tour de France, Christian Prudhomme, a souhaité qu’Armstrong rembourse ses primes gagnées sur la Grande Boucle, d’un montant de “près de 2,950 millions d’euros” selon la Fédération française de cyclisme. Le comité exécutif de l’UCI se penchera vendredi sur cette question.
L’article 1.2.073 du règlement de l’UCI prévoit que “si un coureur ou une équipe perd la place qui lui a valu un prix, le prix doit être restitué dans le mois suivant à l’organisateur, qui procédera à sa redistribution”.

Armstrong pourrait aussi devoir rembourser les 7,5 millions de dollars (5,8 millions d’euros) gagnés en 2006 après un long bras de fer judiciaire avec l’assureur SCA Promotions, auprès duquel il avait misé sur ses victoires dans le Tour.

Devant les soupçons de dopage visant le coureur, la société texane avait tenté d’obtenir le remboursement de ces primes, de 5 millions de dollars. Mais la transaction s’était conclue à l’avantage d’Armstrong, qui avait encaissé la totalité de ces bonus et 2,5 millions de dollars supplémentaires en intérêts et frais de justice.

Le 14 juin, Bob Hamman, PdG de SCA Promotions, avait cependant annoncé qu’il allait suivre de près l’action engagée par l’Agence antidopage américaine (USADA): “S’il y a matière à agir en justice, nous allons évidemment le faire”. Après la publication du rapport de l’USADA détaillant le système de dopage organisé autour d’Armstrong, le Sunday Times a pour sa part annoncé mi-octobre qu’il envisageait de poursuivre le Texan pour fraude. En 2006, l’hebdomadaire britannique avait dû verser quelque 600.000 livres (740.000 euros au cours actuel) pour mettre un terme aux poursuites engagées par Armstrong, après la publication d’un article l’accusant de s’être dopé.

Dans son rapport, l’USADA, pointant notamment des liens avec le sulfureux docteur Ferrari réfutés par Armstrong, évoque “des fausses déclarations sous serment… relevant du parjure”. Un tel délit est passible de jusqu’à 30 ans de prison et 1,5 million de dollars d’amende (1,15 million d’euros).

La semaine dernière, l’équipementier Nike, partenaire d’Armstrong depuis 1996, a rompu son contrat avec l’ancien cycliste. Le fabricant de cycles Trek, le brasseur Anheuser-Busch, une société de boisson énergétique (FRS), une compagnie de nutrition sportive (Honey Stinger), le fabricant des casques Giro et celui de lunettes Oakley, lundi même, ont également quitté le navire Armstrong.
La revue américaine Forbes, qui avait évalué à 21 millions de dollars (16 millions d’euros) les revenus d’Armstrong liés à ses sponsors et ses conférences en 2010, estime que la perte de ses sponsors pourrait entraîner un manque à gagner de plus de 150 millions de dollars (115 millions d’euros) pour l’Américain.

Quelques donateurs de la fondation Livestrong, créée par Armstrong pour lutter contre le cancer, ont demandé à être remboursés depuis la publication du rapport de l’USADA.

Mais les plus gros contributeurs, comme Nike, qui verserait 8 millions de dollars par an à la fondation d’Armstrong selon la presse américaine, ont annoncé qu’ils continueraient à la financer. En près de 15 ans, Livestrong affirme avoir collecté près de 500 millions de dollars de dons (380 millions d’euros).

 

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