L’Américain Andy Roddick a annoncé jeudi 30 août 2012 à New York, jour de ses 30 ans, qu’il prendrait sa retraite après l’US Open de tennis.

Andy Roddick arrête sa carrière

L’éternelle casquette vissée sur la tête, Andy Roddick a annoncé le plus calmement du monde que cet US Open serait son dernier tournoi. Une nouvelle qui avait commencé à fuiter au moment de l’annonce de cette conférence de presse improvisée. Dans une salle comble, l’Américain qui fête ses 30 ans aujourd’hui a expliqué pourquoi il décidait de l’officialiser à la veille de son deuxième tour contre Bernard Tomic.

«Ce n’est pas une décision soudaine, j’y pense depuis un moment, a ainsi confié Roddick. Mais quand j’ai gagné mon premier tour j’ai vraiment su que ce serait mon dernier tournoi. C’est l’heure. Je ne suis plus suffisamment en forme physiquement ni suffisamment investi mentalement pour continuer au meilleur niveau. Et être sur le circuit juste pour y être ne m’intéresse pas. Cela a été un chemin à faire mais il y a eu des moments où j’ai su, comme quand j’ai quitté le court à Wimbledon

Ce n’est évidemment pas un hasard si Roddick choisit de baisser le rideau à Flushing Meadows. D’abord parce qu’il est chez lui, devant son public.

« J’ai toujours voulu arrêter ici alors je me sens bien. Je l’annonce aujourd’hui car si je perds demain je veux que les gens sachent, je veux leur dire au revoir. Et puis je ne voulais pas non plus qu’il me prenne pour un fou si jamais demain je m’étais mis à pleurer après le match ! (rires) J’espère bien gagner ce match de toute manière.» Mais aussi, sans doute, parce que c’est ici qu’il a conquis son unique titre du Grand Chelem, en 2003, en battant Juan Carlos Ferrero en finale. 2003, la grande année de Roddick, qui avait terminé la saison à la première place mondiale. C’était juste avant que Roger Federer ne se place de façon irrésistible au sommet du tennis mondial. L’hégémonie du Suisse a fait beaucoup de mal à Roddick, qui a subi, comme d’autres (on pense notamment à Lleyton Hewitt), le joug du Bâlois, de la même génération que lui.

Ce fut tout particulièrement vrai à Wimbledon. Sans Federer, Roddick aurait probablement mis à plusieurs reprises le tournoi londonien à son palmarès. Mais par quatre fois, il a été battu par Federer sur le gazon anglais, dont trois fois en finale. La dernière fut aussi la plus douloureuse. C’était en 2009. Roddick était revenu à son meilleur niveau, et lors d’une finale épique, il n’avait concédé qu’une seule fois son service. Un break fatal, sur le tout dernier jeu du match. Cette défaite, 16-14 au cinquième set, lui porta le coup de massue définitif. Il ne s’en est jamais vraiment relevé. Au total, Roddick a joué à ce jour cinq finales de Grand Chelem. Il en a gagné une. Il a perdu les quatre autres face à Federer.

Tout autant que son corps, ce sont les cadors d’aujourd’hui et la meute qui pousse derrière qui ont convaincu Roddick que l’heure de la retraite avait sonné. «Ces gars aujourd’hui sont devenus très bons quand même (sourire). Je ne peux plus tenir ce niveau de compétition, je ne peux plus physiquement faire ce dont j’ai envie sur le court. La fatigue mentale s’est aussi installée. J’ai eu beaucoup de chance dans ma carrière, mais il est temps de passer à autre chose. Le tennis va me manquer, les relations avec les gens et les joueurs aussi. Mais d’autres projets m’attendent.» Une autre page de l’histoire du jeu se tourne.

 

 

 

 

 

 

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