Le sprinteur John Degenkolb s’est imposé à Madrid lors de la dernière étape de la Vuelta. Un Tour d’Espagne remporté par Alberto Contador, qui tourne la page de ses mois de suspension.

 Heureux comme Alberto Contador

John Degenkolb l’avait avoué à demi-mots depuis quelques jours : il voulait réussir la «Manita», cinq victoires d’étapes sur un Grand Tour. Et à seulement 23 ans, l’Allemand, qui participe à la Vuelta pour la 2e fois, a réussi son coup. Ce dimanche, en levant les bras à Madrid, la fusée d’Argos-Shimano s’est offert une cinquième étape en trois semaines de course. Mis à mal ces derniers jours par les bordures et les échappées victorieuses, les plans du sprinteur ont connu un dénouement heureux dans la capitale espagnole, où Degenkolb devance Elia Viviani (Liquigas) et Daniele Bennati (RadioShack) sur la ligne.
Mais le plus heureux ce dimanche, c’est évidemment Alberto Contador. L’Espagnol, qui remporte cette 67e édition de la Vuelta, reste invaincu dans son pays, avec deux sacres en deux participations. El Pistolero, qui a pu compter sur le soutien infaillible du public espagnol sur les routes, signe son retour de la plus belle des manières après avoir purgé ses six mois de suspension, et tourne définitivement la page de l’épisode du clenbutérol.

Et pour ceux qui en doutaient encore, le leader de la Saxo Bank a prouvé qu’il était toujours aussi bon grimpeur, avec pas moins de 22 attaques en trois semaines. Alors que la victoire semblait promise à Joaquim Rodriguez (Katusha), maillot rouge de la 4e à la 17e étape, Contador a fait preuve d’un mental d’acier et ne s’est jamais avoué vaincu. Sur le podium, le Madrilène est suivi par Alejandro Valverde (Movistar) à 1’16” et Joaquim Rodriguez à 1’37”.

Mais ces deux-là se sont livré une autre bataille à Madrid, puisqu’ils étaient en compétition pour remporter le classement des sprinteurs. Rodriguez, leader avec 193 points, ne devançait Valverde que de quatre points au départ de l’étape. Or sur la ligne d’arrivée, il y en avait 25 à distribuer au premier, puis 20, 16, 14, 12 et 10 pour les suivants. Double vainqueur d’étape sur cette édition, le coureur de la Movistar termine 6e et prend 10 points. Comme Purito ne termine pas dans les dix premiers, il cède donc son maillot vert à son compatriote, qui lui aura tout pris en quelques jours : d’abord la place de dauphin à laquelle il s’accrochait après avoir perdu le maillot rouge, et désormais le classement distinctif des sprinteurs.
Autre évènement marquant, le Français David Moncoutié, 37 ans, a participé à sa dernière course. Le grimpeur de la Cofidis, quadruple maillot à pois consécutif sur la Vuelta, avait annoncé en début de saison qu’il s’agirait de sa dernière, et que son objectif prioritaire serait de glaner un cinquième classement de la montagne sur les routes d’Espagne. Mais affaibli par sa chute durant le Tour de France en juillet, il n’a pas réussi à relever cet ultime défi qu’il s’était fixé, et c’est le jeune Australien d’Orica-GreenEdge, Simon Clarke, qui lui succède au palmarès. Peu importe, le Français reste le chouchou du public, et s’est offert un dernier baroud d’honneur dans les rues de Madrid avec Grischa Niermann (Rabobank), qui tire également sa révérence. Les deux hommes ont roulé à l’avant du peloton durant quelques centaines de mètres pour saluer la foule. Cette 67e édition de la Vuelta, que le magazine espagnol As considère comme la meilleure de l’histoire, aura été très riche en émotions.

Classement général définitif de la Vuelta 2012 :
1. Alberto Contador (Saxo Bank)
2. Alejandro Valverde (Movistar), à 1’16’’
3. Joaquim Rodriguez (Katusha), à 1’37’’
4. Chris Froome (Sky), à 10’16’’
5. Dani Moreno (Katusha), à 11’29’’

 

 

 

 

 

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