Marathonien apatride, prêtre bouddhiste, athlète amputé ou délégations du Golfe qui envoient des athlètes féminines pour la 1ère fois de leur histoire, ces 30e Jeux Olympiques de l’ère moderne présentent des sportifs aux profils atypiques bien décidés à en découdre malgré (ou grâce à) leur histoire. Un moment unique pour révéler la magie des JO – « Citius, Altius, Fortius » (plus vite, plus haut, plus fort).

JO de Londres  Ces athlètes un peu particuliers!

Nur Suryani Mohamed Taibi (Malaysie) enceinte de 8 mois

Pour démarrer ce tour du village olympique des histoires insolites, la galanterie voudrait que les femmes soient les premières citées mais la belle histoire de Guor Marial éclipse les courtoisies. Ce marathonien de 28 ans a réalisé les minimas pour participer aux 42,125 km londoniens et compte bien honorer cette sélection. Mais problème, sa nation, le Sud Soudan, jeune Etat qui vient de fêter sa 1ère année d’indépendance, n’est pas (encore) reconnu par le Comité international olympique (CIO).

Qu’à cela ne tienne, Guor Marial courra sous la bannière olympique aux côtés de 2 athlètes de l’île de Curaçao qui faisait partie des Antilles néerlandaises, absorbées par les Pays-Bas en 2010 : « Si je ne peux pas porter le drapeau de mon pays, je serai le drapeau de ma nation. Mon pays sera dans mon cœur », a-t-il affirmé.

Des femmes voilées sur le tatami
Du côté de l’Arabie Saoudite, le combat fut rude pour faire concourir pour la 1ère fois des athlètes féminines. En effet, le comité olympique saoudien refusait que ses athlètes participent à des compétitions mixtes et où elles ne pouvaient porter le foulard islamique. Si Sarah Attar, spécialiste du 800m, a pu courir avec la tête voilée, les règles du judo sont beaucoup plus strictes. La 2nde sportive saoudienne Wodjan Ali Seraj Abdulrahim Shahrkhani a dû accepter un compromis : elle a foulé les tatamis londoniens vendredi 3 août affublée d’un bonnet de piscine afin que sa chevelure ne soit pas visible. Si l’affaire a fait beaucoup de bruit, la Saoudienne a été éliminée en moins de 2 minutes de la compétition et est donc repartie la tête basse mais toujours couverte.

Enceinte, héritière de la couronne ou moine bouddhiste
En tir à la carabine à 10m, une championne malaysienne a participé à la compétition alors qu’elle était enceinte de… 8 mois ! Nur Suryani Mohamed Taibi, si elle a assuré que son gros ventre lui permettait d’être plus stable pour tirer, n’a pas réussi à décrocher une médaille olympique avant la naissance de sa fille prévue en septembre.

Autre championne mais d’équitation cette fois : Zara Phillips. Ce nom n’est pas uniquement connu dans le cercle hippique britannique puisqu’en plus d’être une cavalière émérite, médaille d’argent du concours complet par équipes avec la Grande-Bretagne, Zara Phillips est aussi la petite fille de la Reine d’Angleterre, Elisabeth II. Une pression supplémentaire pour la championne qui a réussi sans coup faillir à tenir son rang  à domicile.

Kenki Sato est également cavalier et représentant du Japon. Sa particularité : dans la vie de tous les jours, il est moine bouddhiste dans les hauteurs de Nagano où le cheval est le principal mode de transport.
Un jardinier à l’eau et un handicapé sur la piste
A 35 ans, Hamadou Djibo Issaka a réjouit le public londonien sur les bords du plan d’eau d’Eton Dorney où se déroulent les épreuves d’aviron : ce Nigérien, qui a obtenu une « wild card » pour participer aux JO, boucle toutes ses courses en bon dernier. Et pour cause, Hamadou Djibo Issaka était encore jardinier il y a 3 mois et n’avait jamais manié de rames de sa vie. Malgré un apprentissage accéléré en Tunisie, puis en Belgique, le 1er représentant de l’aviron du Niger est devenu l’attraction malgré lui au bord du bassin olympique : « Ma participation aux Jeux de Londres va ouvrir une nouvelle ère dans l’aviron nigérien. Je sais que mon expérience est en train de créer des tas de vocations au pays. Dès mon retour, nous allons mettre en place des structures et un programme. Il faudra seulement qu’on attende que les bateaux arrivent. »

Enfin pour conclure, coup de projecteur sur Oscar Pistorius, cet athlète paralympique sud-africain, qui se bat depuis plusieurs années pour courir aux côtés des valides. A Pékin, en 2008, il avait manqué de peu les minimas après une longue polémique autour de l’avantage supposé de ses lames en carbone. En effet, Oscar Pistorius est amputé des 2 jambes sous le genou et court donc avec des prothèses. Cette année, à Londres, il a bénéficié d’une « wild card » pour participer au tour de piste, où il a été éliminé en demi-finale, et au 4x400m pour l’Afrique du Sud. Ensuite, il participera également aux Jeux paralympiques qui se déroulent 2 semaines  plus tard.

 

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