Le Kényan, pendant de Bolt sur 800 m, espère conjuguer or olympique et record du monde lors de la finale du 800 m ce jeudi 09 août 2012.

Untitled1

Il a déjà récrit l’histoire du 800 mètres. En 2010, à l’âge de 21 ans, le Kényan David Rudisha est élu athlète mondial de l’année. Il est le plus jeune de l’histoire, quelques mois de moins qu’Usain Bolt ou Kenenisa Bekele quand ils reçurent leur trophée, en 2008 pour le sprinteur, en 2004 pour le spécialiste du demi-fond. Ses pairs ont reconnu en ce guerrier massaï un futur géant. Quelques mois auparavant, le 29 août, à Rieti, Rudisha avait fait tomber le record du monde, vieux de treize ans, de la légende Wilson Kipketer (1’41’’01). Un an plus tard, aux Mondiaux de Daegu, « l’homme ailé » laissait dans le vent ses adversaires pour son premier grand titre international.

Jeudi soir, à Londres, David Rudisha aura rendez-vous dans une finale qui ne devrait pas lui échapper. Les Jeux olym­piques, c’est une culture ancrée dans la famille Rudisha, le père ayant décroché l’argent en 1968 au sein du relais 4 × 400 m.

Mais les Jeux, c’est aussi cette malédiction qui colle aux détenteurs du record du monde du 800 m, régulièrement recalés à l’heure de décrocher l’or. « C’est pour ça que je veux le titre à Londres, pour entrer dans la légende du 800 m », confie Rudisha qui n’a pas exclu, début juillet à Paris, d’y battre son propre record.

Lord Sebastian Coe, détenteur de la meilleure marque mondiale de la distance durant seize ans (1’41’’73), n’a pu finir que deuxième aux Jeux de 1980 et 1984. Danois d’origine kényane, Wilson Kipketer avait abaissé le record de Coe à 1’41’’11. En 2000 à Sydney, il fut d’argent. Puis de bronze à Athènes en 2004. Même punition pour le Belge Roger Moens, également deuxième en 1960 à Rome. «C’est la course la plus difficile du programme parce qu’elle requiert une large gamme de capacités physiques et mentales, de la résistance et de la vitesse. Vous devez dominer votre espace, prendre la décision juste au quart de tour. En fait, disposer d’un ordinateur de bord. Vous n’avez pas le droit à l’erreur », a expliqué Coe, le grand patron des Jeux de Londres.

Or «Rudisha est une machine à produire sur les deux tours des 400 m en 50 secondes… C’est-à-dire au niveau de la championne olympique (49’’55 pour Sanya Richards-Ross) », fait remarquer Bruno Gajer, entraîneur français de cette spécialité qui se situe entre sprint et fond. «La seule manière de le battre serait d’amener une course tactique. Mais comment le bloquer quand il commence à allonger sa foulée. Car dès qu’il prend la tête… » Depuis son échec aux Mondiaux de 2009, le porte-drapeau du Kenya à Londres n’a été battu qu’une seule fois. Par le précoce Éthiopien Mohamed Aman, l’été dernier à Milan. 18 ans, comme le Botswanéen Nijel Amos, deuxième junior le plus rapide de l’histoire. Les deux plus sérieuses menaces sur la piste de Rudisha.

 

 

 

 

Share Button