Felix Sanchez a décroché un deuxième titre olympique sur 400m haies, huit ans après. Ses larmes ont ému le public londonien.

Jo-Athlétisme  Les larmes de Felix Sanchez, champion olympique du 400m haies

Bien sûr, les Britanniques auraient préféré entonner le God Save The Queen, en l’honneur de David Greene, champion du monde en titre, et seulement 4e après un départ raté. Mais les larmes de Felix Sanchez, totalement submergé par l’émotion sur le podium du 400m haies, les ont fait chavirer. Leurs encouragements n’ont pas permis au coureur de la République dominicaine de maîtriser ses larmes.

Sanchez avait de bonnes raisons de craquer face aux 80.000 spectateurs du stade Olympique. A 34 ans et 11 mois, il a réussi un retour au premier plan étonnant. Invaincu durant 43 courses entre 2001 et 2004, empochant ainsi deux titres mondiaux (2001 et 2003) et un titre olympique, il avait ensuite disparu des podiums internationaux, vaincu par les blessures. Son dernier fait d’armes, une médaille d’argent aux Mondiaux, remontait à 2007. En 2008, il avait même eu la douleur d’apprendre le décès de sa grand-mère pendant les JO de Pékin. Ses larmes servaient aussi à éponger ce douloureux souvenir : «Je voulais juste qu’elle soit fière de moi, c’est pourquoi j’ai mon nom sur mes pointes. Sa mort m’avait brisé le coeur à Pékin. Depuis, je cours avec sa photo près de mon coeur.»

Pour décrocher son deuxième titre olympique, et rejoindre ainsi dans la légende Edwin Moses (1976-1984) et Angelo Taylor (2000-2008), Sanchez s’est montré intraitable. Il s’est imposé en 47”63, soit exactement le même temps qu’à Athènes, et a pu se permettre de laisser revenir dans les derniers mètres son dauphin, l’Américain Michael Tinsley (47″91). Le Porto-Ricain Javier Culson (48”10), médaillé d’argent aux Championnats du monde 2009 et 2011, a encore dû se contenter d’une place d’honneur. Quant à Taylor, champion déchu, il a pris un meilleur départ avant de reculer au 5e rang (48”25). Pour Sanchez, cette victoire apporte une éclatante réponse aux «nombreuses personnes qui me conseillaient la retraite, sans que je les écoute, et qui vont tous se réjouir maintenant». Lui aussi, une fois ses larmes séchées.

 

 

Share Button