Joaquim Rodriguez et Christopher Froome ont impressionné jeudi à Jaca, où Alberto Contador a coincé dans le dernier kilomètre de l’ascension. Vainqueur devant Froome et Valverde, Rodriguez consolide son maillot rouge de leader.

Le leader Rodriguez emporte

Cette Vuelta ne semble pas résolue à attendre la haute montagne pour s’agiter. Sur un terrain qui aurait pu paraître bien tranquille avant les sommets des Asturies, la 6e étape a été le théâtre d’une sacrée passe d’armes entre ténors dans la montée de Jaca. A ce jeu-là, le grand perdant du jour a été le grand animateur des premiers assauts du Tour d’Espagne, Alberto Contador. L’Espagnol a cédé à 500m de la ligne.

L’ascension finale vers le Fort de Rapitan avait tout d’un terrain piège, surtout sous les 37°C atteint par le thermomètre en fin de journée. S’il avait fallu parier, on aurait bien davantage misé sur un coup de moins bien de Christopher Froome que d’Alberto Contador, si tant est que l’un des deux eut souhaité déclencher les hostilités. Le terrain de jeu se prêtait de toute façon plus aux puncheurs qu’aux grimpeurs.

Pourtant, le Pistolero a été le premier à lancer les grandes manœuvres. Si la Saxo Bank a tardé à rouler derrière les cinq échappés partis dès le KM 10 (De Gendt, Weening, Maaskant, Van Leijen et Van de Walle), elle avait gardé ses cartouches pour le finish.  Une offensive sensée faire vaciller Christopher Froome, moins à l’aise que son rival dans cet exercice, qui avait bien tenté de placer sa bande en tête dans la montée pour s’éviter une déconvenue. Un coup dans l’eau pour Contador et pas forcément le meilleur des calculs Car au moment où les choses ont commencé à devenir sérieuses, le Madrilène n’avait plus d’équipier à ses côtés.

Une première banderille qui n’a pas fait plier le Britannique. Bien au contraire. Revenu sur l’avant du peloton qui avait repris tous les fuyards, Froome a lancé sa réplique dans les premiers lacets du Fort de Rapitan sous la forme d’un énorme travail de sape de Richie Porte, coutumier du fait après ses numéros en montagne sur le Tour de France. Une méthode maintes fois éprouvée en juillet et qui semble toujours porter ses fruits tant le peloton s’est réduit comme peau de chagrin, distançant notamment Igor Anton, Robert Gesink et Bauke Mollema, 4e du général le matin. Aux côtés des Sky, Alejandro Valverde, Joaquim Rodriguez et Contador n’avaient plus de soutien et aucune solution pour barrer la route aux Noir et Bleu qui cadenassaient toute tentative. Jusqu’à ce que Froome se décide à y aller après un ultime relais de Rigoberto Uran.

Une attaque qui a scotché sur place Contador et Valverde, mais pas Rodriguez. Le maillot rouge n’avait de cesse de clamer qu’il avait coché cette étape et que ce finish était fait pour lui. Chose promise, victoire due. Purito a pris la roue de son dauphin. Si Valverde avait réussi à lui griller la politesse à Arrate, le leader Katusha ne se ferait pas avoir deux fois. Une ultime accélération dans le dernier virage et la victoire lui tendait enfin les bras. La bonification aussi. Rodriguez conforte ainsi sa première place devant Froome auquel il reprend cinq secondes sur la ligne et quatre de bonification pour le repousser à dix secondes au général. Doublé par Valverde à l’arrivée, Contador concède 30 secondes sur la journée à Rodriguez. Il reste sur le podium, mais à déjà 35 secondes un Purito. Un Purito avec lequel il faudra définitivement compter jusqu’à Madrid.

 

 

 

 

 

Share Button