Joaquim Rodriguez (Katusha) a remporté la 12e étape de la Vuelta, devant Alberto Contador (Saxo Bank), à qui il reprend une douzaine de secondes. Alejandro Valverde a terminé un peu plus loin alors que Christopher Froome, visiblement usé, a cédé plus de 30 secondes, bonifications comprises.

Cyclisme- VueltaSi la Vuelta a souvent mauvaise réputation en raison de ses paysages peu réjouissants et ses longues autoroutes, il faut avouer que cette edition 2012 brille par ses multiples originalités. Arrivée inédite, le Mirador de Ezaro, avec ses pourcentages dantesques offrant même un passage à près de 30% dans le dernier kilomètre, fait partie des belles trouvailles des organisateurs. Personne au monde n’aime plus ce type de terrain que Joaquim Rodriguez. Le petit puncheur-grimpeur catalan en a profité pour décrocher sa deuxième victoire d’étape sur cette édition 2012. C’est lui qui a déclenché les hostilités avant de se caler dans la roue d’Alberto Contador, quand celui-ci a relayé. Mais dans les 200 derniers mètres, Purito a placé une dernière mine qui lui a permis de devancer Contador de huit secondes sur la ligne.

Les deux Espagnols se livrent un formidable mano a mano au classement général. Séparés par une toute petite seconde au matin, ils sont désormais distants de 13 secondes, à l’avantage de Rodriguez. C’est rien et c’est beaucoup à la fois tant le leader de la Katusha impressionne par sa bonne gestion tactique des spécificités de la Vuelta, avec son lot de bonifications qu’il engrange à foison. Sans ces dernières, il serait aujourd’hui sur la deuxième marche du podium, à 16 secondes de Contador.=

Et Purito a beau répéter qu’il faudrait un concours de circonstances pour gagner ce Tour d’Espagne, le leader, pour l’instant, c’est bien lui. Jeudi, il a encore parfaitement joué sa carte, en laissant Contador faire l’essentiel du travail, avant de le cueillir à quelques hectomètres de la ligne. Sept secondes au Mirador de Ezaro auxquelles s’ajoutent quatre secondes de bonification. Plus que la vue sur la Galice, de là-haut, Rodriguez a aussi une belle vue sur son avenir en rouge. Comme au Fort de Rapitan, à Jaca, où Contador avait calé, le maillot rouge a de nouveau fait plier l’un de ses rivaux. Et c’est Christopher Froome qui a craqué sur les hauteurs de Dumbria.

Comme souvent, la Sky avait tenté d’imposer son tempo au moment le plus délicat de la journée. Mais le Britannique, qui semble accuser le coup physiquement au fil des étapes, n’a pu suivre le trio espagnol quand les hostilités ont été déclenchées dans les portions à plus de 20%. Froome concède 23 secondes à l’arrivée et se retrouve à 51 secondes au général. Valverde, lui, cède également du terrain, désormais pointé à 1’20” de Rodriguez (4e). Et ce n’est pourtant pas faute d’avoir fait travailler sa Movistar pour rattraper l’échappé (Moinard, Astarloza, De Weert, Meyer) qui compta jusqu’à 7’35” d’avance avant de céder dès le pied de la montée finale. Mais il n’a rien pu faire sur l’accélération de Purito.

Jour après jour, celui-ci confirme surtout que son fauteuil de leader n’est pas usurpé. Certes, il capitalise sur les bonifications et profite d’un tracé taillé pour lui, entre un court chrono vallonné et de nombreuses arrivées pour puncheur. Mais Rodriguez bénéficie aussi d’une drôle de stratégie de ses adversaires, Contador et Froome paraissant limiter les candidats pour la victoire à leurs seules personnes. Dans la montée finale, le Pistolero a surtout pensé à larguer le Britannique avant de se défaire de Rodriguez voire Valverde. Il était alors trop tard pour espérer s’imposer ainsi s’emparer du maillot rouge. Sans doute, le Madrilène attend-il d’en découdre dans les Asturies où les longues ascensions serviront bien mieux ses desseins.

 

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