Dans un communiqué, l’Agence américaine antidopage (Usada) a annoncé vendredi 23 août 2012 que Lance Armstrong était dépossédé de ses sept victoires dans le Tour de France, de tous ses résultats du 1er août 1998 à aujourd’hui et était radié à vie du cyclisme professionnel. Mais il faut encore attendre car l’Agence américaine n’a compétence que sur son territoire.

Lance Armstrong dépossédé

Le couperet est tombé. Implacable et attendu. Si certains évoqueront de l’acharnement, d’autres préféreront louer une certaine justice. Toujours est-il que depuis jeudi soir, Lance Armstrong a un pied et cinq orteils dans le cercle des dopés reconnus, des parias. En renonçant à poursuivre la bataille judiciaire contre l’Agence américaine antidopage (Usada), qui l’accuse de dopage tout au long de la période 1999-2005, l’ancien coureur professionnel laisse le champ libre à l’agence pour poursuivre son enquête contre lui. Mais la sanction a été immédiate puisque l’ancien septuple vainqueur du Tour de France a perdu ses sept victoires sur la Grande Boucle et est radié à vie du cyclisme professionnel.

 

Cette annonce intervient après que le retraité de 40 ans eut appris le rejet du tribunal fédéral d’Austin de son recours contre l’Usada.

Il avait porté plainte depuis un an pour tenter de stopper l’enquête de l’agence antidopage car il estimait que celle-ci n’était pas «compétente», estimant «ses droits constitutionnels violés».  Vainqueur à sept reprises du Tour de France entre 1999 et 2005, Lance Armstrong n’a pas tardé à réagir jeudi soir aux Etats-Unis. «Aujourd’hui, je tourne la pageJe ne m’occuperai pas plus longtemps de cette question, étant donné les circonstances», a-t-il expliqué sur Twitter avant de s’epancher plus longuement sur son site internet.

 

Un sentiment bien entendu loin d’être partagé par le directeur général de l’Usada, Travis Tygart, qui annonçait jeudi soir à l’AFP qu’Armstrong serait également dépossédé de tous ses résultats depuis le 1er août 1998. «C’est un triste jour pour tous ceux d’entre nous qui aimons le sport et nos athlètes, a-t-il déclaré. Pour les athlètes sains, c’est un rappel rassurant qu’il y a un espoir pour les générations futures de concourir sans l’usage de drogues qui améliorent les performances.» Depuis plusieurs années, l’agence antidopage accusait Armstrong d’avoir utilisé des substances interdites, notamment de l’EPO et des stéroïdes, ainsi que des transfusions sanguines. Et ce, depuis 1986.

L’onde de choc est totale dans le monde du cyclisme. En écrasant sans partage la Grande Boucle pendant sept ans, Lance Armstrong avait toujours sur lui ce soupçon de dopage. D’ailleurs, plusieurs de ses anciens coéquipiers n’avaient pas hésité à témoigner contre lui. «J’ai vu (l’EPO) dans son frigo. Je l’ai vu se l’injecter, plus d’une fois. (…) Nous l’avons tous fait. Moi-même, je l’ai fait, à de nombreuses reprises», décrivait Tyler Hamilton, sous les ordres de l’Américain entre 1999 et 2001, dans l’émission de CBS 60 Minutes l’an dernier. Outre Hamilton, de nombreux coureurs comme Hincapie, Landis, Leipheimer, VandeVelde, Andreu ou Zabriskie ont pris le parti de tout révéler.

 

Pourtant, le futur ex-septuple vainqueur du Tour avait été officiellement innocenté en février 2012 par l’Usada, faute de nouvelles preuves, avant que l’enquête ne penne une nouvelle tournure en juin dernier, à la suite de nouveaux éléments probants. C’est donc après plus de deux ans de procédure que Lance Armstrong décide de jeter l’éponge. Pour Jean-Pierre de Mondenard, spécialiste de la question du dopage en France et sur le Tour, interrogé par BFM TV, l’Américain devient «le paria du cyclisme» et se pose la question de savoir «comment a-t-il fait pour passer les 500 contrôles sur le Tour de France, tous révélés négatifs ?». Une façon de prouver que, malgré cette annonce officielle, de nombreuses questions restent plus que jamais en suspens.

 

 

 

 

 

 

 

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