Roger Federer remporte son septième Wimbledon comme Sampras, son dix-septième en Grand Chelem et reconquiert la place de numéro un mondial. Il a scellé cette historique victoire encore contre Andy Murray, dominé (4-6, 7-5, 6-3, 6-4). Federer, 30 ans, attendait son premier majeur depuis janvier 2010.

Wimbledon 2012  Le Roi Federer  est bel et bien de retour 1

Non, Roger Federer n’en a pas fini. A ceux qui en doutaient encore, le Suisse a adressé un message en réussissant un retour en grâce exceptionnel. A bientôt 31 ans, l’Helvète est parvenu à accentuer un peu plus son record de victoires en Grand Chelem en enlevant son septième titre à Wimbledon, son 17e depuis 2003, égalant la performance de Sampras et Renshaw, seuls septuples vainqueurs au All-England Club. Deux ans et demi après son dernier sacre en Grand Chelem, à Melbourne face à Andy Murray, il revient sur le devant de la scène en dominant le même adversaire, qui jouait là sa première finale à Wimbledon (4-6, 7-5, 6-3, 6-4). Mais le Suisse ne s’arrête pas là : ce 75e titre ATP en carrière lui a permis de retrouver la première place mondiale ce lundi, deux ans après l’avoir cédée à Rafael Nadal en juin 2010.

Il est désormais assuré de dépasser Pete Sampras et ses 286 semaines au top du classement ATP, record après lequel il courait depuis sa destitution.

Murray n’a pourtant pas démérité. Il se devait de prendre ce match à bras le corps, c’est exactement ce que l’Ecossais a fait dès le premier set. Le Britannique a mis la pression d’entrée en faisant courir Federer. Servant très bien et se montrant très opportuniste en retour, il a logiquement fait la course en tête en breakant le premier. Si le Suisse recollait au score, Andy profitait du faible pourcentage de réussite sur seconde balle de son adversaire (27%, 3/11) pour prendre son service une deuxième fois et s’adjuger le premier set (6-4). Soucieux de faire durer le match, le Britannique partait sur les mêmes bases dans la deuxième manche, mais était incapable de convertir l’une des quatre balles de break qu’il s’est procurées à 2-2, puis à 4-4. Un tournant dans ce match car, dans la foulée, le Suisse ne ratait pas l’occasion d’enlever la deuxième manche sur le service de l’Ecossais (7-5), peu de temps avant une interruption d’une demi-heure à cause de la pluie.

Cette pause n’a pas vraiment profité à l’Ecossais. Au contraire. Avec des conditions indoor en raison du toit déplié, le combat se déséquilibrait peu à peu. Le Suisse enfilait les jeux blancs alors que l’Ecossais courait après le score. Face au flegme suisse, l’énervement écossais a crevé l’écran dans le troisième set. Sur le sixième jeu, Murray n’est pas parvenu pas à sauver sa mise en jeu, cédée sur la sixième balle de break après vingt minutes de combat où le quatrième joueur mondial s’est retrouvé trois fois au sol. Avec le break en poche, Federer prenait définitivement l’avantage en empochant la troisième manche (6-3). Le moral au niveau du gazon, Murray manquait encore une balle de break en début de quatrième set, sa cinquième du match qui scellait peu à peu l’épilogue du match après 3h24 d’un superbe spectacle.

Pour la quatrième fois de suite, Andy Murray s’incline en finale d’un tournoi du Grand Chelem, comme son actuel entraîneur, Ivan Lendl, qui en a gagné sept par la suite. Une terrible statistique pour le Britannique, incapable de prendre la mesure de son prestigieux adversaire, malgré l’appui du public.

Après deux premières défaites contre Federer (US Open 2008, Open d’Australie 2010) et une autre contre Djokovic (Open d’Australie 2011), Murray, larmes aux yeux, manque encore l’occasion d’offrir à la Grande-Bretagne le premier titre d’un Britannique en Grand Chelem (et à Wimbledon) depuis Fred Perry à Wimbledon en 1936. Mais à 25 ans, l’histoire n’est sans doute pas finie pour lui.

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