Après les Jeux olympiques pharaoniques de Pékin en 2008, dont le budget avait dépassé les 33 milliards d’euros, Londres est revenu à des prix plus raisonnables en 2012. Ce qui n’a pas empêché le dérapage du budget, qui a quadruplé par rapport aux prévisions initiales.

 

Vue aérienne du parc olympique à Stratford

Vue aérienne du parc olympique à Stratford

C’est un sport olympique aussi fameux que le 100 m : l’hypocrisie budgétaire. Pour convaincre le CIO, les villes candidates sous-estiment toujours les coûts. Londres n’a pas dérogé à cette règle d’or des lobbyistes. La capitale britannique l’a emporté en 2005 sur la base d’un budget prévisionnel de 4,5 milliards d’euros. Mais de révisions en dérapages, la facture, sites, infrastructures et organisation, a quasiment triplé. Le chiffre officiel de 11,8 milliards d’euros serait même en-dessous de la vérité.

Les Jeux de Londres s’affichent en tous cas comme les plus chers de l’histoire olympique après Pékin 2008. Jacques Rogge, le patron du CIO espère que limiter le nombre de disciplines, d’épreuves et d’athlètes suffira à l’avenir à diminuer les coûts. Favori pour 2020, Madrid annonce un budget de… 400 millions d’euros. Est-ce du sérieux ?

La presse britannique s’est régalée d’un oubli trop gros pour être involontaire : dans leur budget prévisionnel, les organisateurs avaient carrément zappé la TVA sur les travaux ! A 17,5%, le compteur tourne d’autant plus vite que les équipements coûtent plus cher que prévu. Ce qui n’a pas loupé. La décontamination du site du parc olympique dans l’est de Londres s’est révélée beaucoup plus complexe qu’attendue. Trois sites phares – stade olympique, centre aquatique et vélodrome – ont explosé leur enveloppe. Idem les cérémonies d’ouverture et de clôture, deux fois plus chères. Le budget sécurité a lui aussi été revu à la hausse après les attentats de juillet 2005, tandis que la récente défaillance de G4S, la société chargée de fournir les vigiles, a pour effet de mobiliser encore davantage la police et l’armée.

A la décharge des organisateurs, la crise financière de 2008 est passée par là. «Je suis fier d’avoir organisé les Jeux dans cet environnement économique difficile que personne n’avait connu depuis les Jeux de Montréal en 1976» ne manque pas de clamer Sebastian Coe, le président du comité d’organisation. Crise du crédit, crise immobilière, inflation, hausse du coût des matériaux… Tous ces facteurs expliquent aussi l’envolée financière. Reste à réussir l’après Jeux Olympiques, «l’héritage olympique» selon l’expression consacrée. Eviter en particulier les “éléphants blancs”, ces installations en déshérence comme à Athènes depuis 2004. Six des huit équipements construits spécialement ont déjà un locataire post-olympique. Ce n’est pas encore le cas du stade olympique, dont l’attribution à West Ham (D1 anglaise) a été annulée et reste incertaine. L’East End, longtemps à l’abandon, devrait être le grand gagnant des Jeux : il conservera la gare ultramoderne de Stratford, le village olympique reconverti en logements et des espaces verts le long de la rivière Lee.

 

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