Un an après le sacre de Novak Djokovic, Wimbledon pourrait être de nouveau le théâtre d’un nouvel acte au sommet du classement ATP. Rafael Nadal, mais aussi Roger Federer, pourrait retrouver la première place mondiale en cas de victoire à Londres et de défaite du Serbe avant la finale.

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Si Roland-Garros 2012 a été une édition historique, Wimbledon 2012 pourrait également en prendre des airs. Dans un peu plus de quinze jours, Novak Djokovic pourrait rendre sa couronne de leader du classement ATP, un an après l’avoir coiffée à Londres pour la première fois. Rafael Nadal, mais aussi Roger Federer, relancé dans cette course depuis qu’il atteint la finale de Halle, pourraient en effet évincer le Serbe du trône. Alors que plus de 2000 points, soit l’équivalent d’une victoire en Grand Chelem, séparent l’actuel leader de ses poursuivants, il faudrait une défaite de Djokovic avant la finale pour voir un changement au classement.

N’ayant perdu que deux matches jusqu’à l’US Open la saison dernière, le Serbe verra son statut de numéro un mondial être remis en cause durant tout l’été. Sa seconde partie de saison 2011 ayant été beaucoup moins réussie que la première, l’automne sera, pour lui, plus propice au calme. Au coeur de la tempête, l’objectif de “Nole” à Londres est limpide : il devra tout faire pour garder la mainmise sur un trophée qui lui tient particulièrement à coeur. S’il venait à perdre son titre, il resterait en tout cas en tête du classement en atteignant la finale et ce, quel que soit le résultat de ses concurrents. Mais s’il chute avant, ce serait une autre histoire : une victoire de Nadal ou Federer le ferait reculer indéniablement d’un cran au classement. En cas de défaite en demi-finale, le Serbe ne pourrait être destitué qu’en cas de septième succès du Suisse en Angleterre. Et en cas d’élimination du numéro un en quart de finale (ou avant), l’Espagnol pourrait également prendre sa place, à condition de faire le doublé Roland-Garros-Wimbledon.

Comme à Rome et à Roland-Garros où Djokovic reste sur deux échecs en finale cette saison, Federer pourrait bien être son adversaire dans le dernier carré londonien. Et celui qui pourrait causer sa perte : s’il stoppait le parcours de Djokovic en demi-finale et remportait ensuite la finale, le Suisse redeviendrait numéro un pour 75 petits points d’avance (11000 contre 11075 d’après l’ATP). Mais ce dernier sera-t-il une réelle menace ? Si le Serbe n’est pas aussi performant que l’an passé à la même époque, il reste nettement un ton au-dessus du Suisse, battu six fois sur sept depuis début 2011. De plus, “Rodgeur” n’est plus aussi tranchant sur gazon. La dernière victoire du Suisse sur herbe remonte à 2009 et son extraordinaire finale à Wimbledon remportée 16-14 au cinquième set face à Andy Roddick. Depuis, il n’a plus rallié le dernier carré londonien et a même perdu deux finales à Halle, face à Lleyton Hewitt en 2010 et à Tommy Haas la semaine dernière, là même où il s’est déjà imposé cinq fois.

Même si son physique de trentenaire lui joue encore des tours, sa réussite sur ses huit derniers mois (avec sept titres remportés) et son passé au All-England Club font forcément de Federer un client à ne jamais sous-estimer. Djokovic le sait mieux que quiconque, sa défaite en demi-finale de Roland-Garros l’an dernier étant là pour le rappeler. De plus, Wimbledon n’a pas été que le théâtre de son premier succès en Grand Chelem en 2003. Il a été également le lieu de sa reconquête de la première place mondiale en juillet 2009 lors de son quinzième succès dans les tournois majeurs, alors que beaucoup d’observateurs pensaient ne jamais le revoir au sommet. Ayant échoué à une marche des 286 semaines de Pete Sampras, Federer n’a jamais caché son souhait de briser ce record un jour. Et rien de tel que Londres, où il peut s’imposer une septième fois, pour le motiver comme jamais.

Federer ne sera donc pas le seul joueur à être surveillé de près par Djokovic. Rafael Nadal, celui qui l’a privé du Grand Chelem sur deux ans à Roland-Garros, aura aussi son mot à dire. Avec deux titres à Wimbledon en 2008 et 2010 et un autre au Queen’s il y a quatre ans, l’Espagnol n’a plus à prouver ses capacités à s’imposer sur gazon. Sa dernière sortie peu convaincante à Halle pourrait laisser perplexe quant à sa capacité à passer d’une surface à une autre sans la moindre difficulté. Mais le Majorquin, battu par Philipp Kohlschreiber en quart de finale, avait plus la tête au repos, après son septième sacré à Paris, qu’un parcours sans accroc sur le gazon allemand de Ralf Weber, directeur du tournoi qui lui a offert un pont d’or pour le faire venir outre-Rhin au lieu du Queen’s où le fisc britannique était trop gourmand aux yeux de l’Espagnol.

Novak Djokovic, lui, ne s’y est pas trompé en ne jouant nulle part entre Roland-Garros et Wimbledon, soucieux de récupérer au mieux avant cette échéance décisive. Et pour cause : si la finale offrait une affiche entre Nadal et Djokovic pour une cinquième fois de suite en Grand Chelem, le Serbe serait assuré de conserver son rang. Pour que l’Espagnol l’y déloge, il faudrait qu’il gagne ce tournoi pour la troisième fois et que Novak n’aille pas plus loin que les quarts de finale. Ce qui ne lui est plus arrivé en Grand Chelem depuis… deux ans (Roland-Garros 2010). Mais Wimbledon a été le lieu où une passation de pouvoir s’est faite deux fois sur ces trois dernières années (Federer en 2009 et Djokovic en 2011).

 

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